Vous aussi, vous avez l’impression de courir après le temps ?


On l’a probablement déjà entendu :

« C’est comme ça chez Lucca : il y a de la charge et il faut être flexible. »

Dans les faits, être flexible, ça veut parfois dire commencer un sujet, l’arrêter parce qu’une autre urgence arrive, puis y revenir quelques semaines plus tard en ayant perdu le fil.

Ça vous est déjà arrivé ?

De devoir reprendre un travail presque terminé parce que les directives avaient changé ? De voir une nouvelle priorité arriver avant même d’avoir terminé la précédente ? Et pendant qu’on jongle avec tout ça, les réunions, les messages et les tâches du quotidien, eux, continuent.

Ça vous est déjà arrivé de finir une journée épuisé·e, avec la sensation d’avoir couru partout sans avoir avancé sur ce que vous aviez prévu ? Ou de voir un·e collègue sauter sa pause déjeuner pour éviter de finir à 20 heures ?

Le problème ne vient pas de vous.

Quand une personne n’arrive plus à suivre, on peut penser à une difficulté individuelle. Mais quand plusieurs personnes, dans plusieurs équipes, rencontrent les mêmes difficultés, il devient difficile de croire qu’elles sont toutes simplement mal organisé·es.

La charge ne vient pas seulement de la quantité de travail. Elle vient aussi des changements de direction, des interruptions, du manque d’arbitrage et du travail qu’il faut reprendre.

Pris séparément, chaque changement peut sembler justifié. C’est leur accumulation qui finit par épuiser. Et surtout, ce n’est pas parce que cette situation est fréquente qu’elle est normale.

Être flexible ne devrait pas vouloir dire absorber sans fin les changements de cap. Être autonome ne devrait pas vouloir dire arbitrer seul·e entre plusieurs demandes toutes présentées comme urgentes. Être engagé·e ne devrait pas vouloir dire compenser en permanence les problèmes d’organisation.

Si vous vivez cette situation, si vos collègues la vivent aussi et si elle se répète dans plusieurs équipes, alors ce n’est plus seulement votre problème.

C’est un problème collectif d’organisation du travail.

Le reconnaître ne veut pas dire refuser tout changement ou toute urgence. Ça veut simplement dire arrêter de faire porter individuellement aux salarié·es la responsabilité d’une situation qu’un grand nombre d’entre elles et eux vivent.

Vous pouvez venir en parler aux représentant·es syndicaux·ales, que ce soit pour raconter ce que vous vivez ou simplement signaler une situation que vous observez dans votre équipe. Pas besoin d’avoir tout analysé ni de savoir exactement quoi demander.

Le but, c’est de croiser les témoignages pour voir si les mêmes situations reviennent ailleurs. À partir de là, on pourra réfléchir ensemble à ce qui pourrait changer.

Parce qu’un problème collectif commence souvent par une phrase qu’on n’ose pas dire :

« Je crois que je ne suis pas seul·e. »